Faire savoir, faire comprendre
Bienvenue. Ce blog se veut un lien avec tous les participants aux formations en prise de parole en public et dans les médias de la Boîte aux Images. Il est aussi un lieu de partage pour faire
découvrir et expliquer la pratique du media training. Coulisses du métier, conseils pratiques, décryptages d'images, interviews d'experts en constituent les
principales rubriques. Vos commentaires y sont les bienvenus, vos contributions aussi. Après tout, communiquer, n'est-ce pas partager avec ?
Daniel Murgui-Tomas


Merci de me donner l'occasion avec ce post de revenir sur l'article en ligne paru sur le site de 20 minutes. Le corps transmet des informations, tout comme la parole.
Les spécialistes du langage corporel apprennent à comprendre ces informations. Ensuite, vient le temps de l’interprétation. Et l’interprétation peut être empreinte de subjectivité même si l’objectivité doit être de mise ! Il en est de même pour l’interprétation du langage oral ou écrit.
Je pratique « un art scientifique » comme le qualifie un
ami, qui consiste à interpréter le langage du corps. Et je m’emploie à pratiquer cet art avec le maximum de prudence et d’objectivité.
Je m’explique avec le cas de Nafissatou Diallo. Cette femme a des gestes cohérents avec ses propos. Oui. La plupart du temps. Et alors ? Que peut-on en tirer comme leçon ?
- Elle dit la vérité et ses accusations sont justifiées.
- Elle ment mais ses gestes sont cohérents car elle a eu le temps de se figurer la scène qu’elle décrit suffisamment pour intégrer, tel un comédien, les bons gestes.
- Elle dit la vérité mais ment sur un élément essentiel qui pourrait rendre ses accusations totalement injustifiées.
Que s’est-il passé ? Pour avoir une chance de le savoir, il faudrait :
- Ecouter et observer cette femme sur une durée suffisante, pour avoir des repères concernant son langage corporel.
- Comprendre sa personnalité et faire le lien avec sa perception des actes qu’elle décrit
- Vérifier également un certain nombre de choses importantes, comme par exemple si elle est « botoxée » ou non.
- Ne pas juger de manière instinctive son comportement, comme le fait qu’elle semble à l’aise. L’environnement et l’ambiance dans laquelle elle est durant l’interview peut modifier sa manière d’être.
- Prendre conscience que les extraits vidéos sont des extraits choisis par les médias et ne sont pas la totalité de la conversation.
- Savoir poser les bonnes questions, de la bonne manière et au bon moment. La qualité de la réponse dépend aussi de la qualité du questionnement. Cela paraîtra basique et simpliste à certains mais parfois le plus basique des principes est un élément essentiel.
Quoi qu’il en soit, manifestement cette affaire déchaîne les passions. Et la passion n’a rien à voir avec l’observation méthodique d’une vidéo de 60 secondes.
Qu’en est-il du témoignage de DSK ? Serait-il prêt à répondre devant une caméra à la même journaliste ?
A suivre !