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Formidable télévision. Elle nous donne chaque jour l'occasion d'observer les comportements des grands fauves qui nous gouvernent. Lorsque deux chef d'État se rencontrent, il est toujours intéressant d'étudier leurs salutations. À commencer par la  façon dont ils se serrent la main. Un signe de politesse qui remonterait au moyen-âge. Époque où il était important de signifier à un interlocuteur qu'une dague n'était pas cachée dans sa manche pour le poignarder. Or il se trouve qu'une explication plus scientifique semble donner raison à Aristote pour qui " L'homme est par nature un animal politique ". Nous ne ferions en fait qu'échanger des molécules semblables à celles que les animaux reniflent chez leurs congénères. Non d'un chien, nous voici plongés en pleine éthologie politique. De quoi apporter un double éclairage à cette photo prise dimanche soir. Tout dans la posture d'Alain Juppé montre que les... couteaux tirés entre les deux finalistes de la primaire à droite viennent à peine d'être rangés. Quand à pouvoir sentir celui qui quelques heures auparavant était encore son adversaire, pas sûr que le maire de Bordeaux y arrive. Les parfums nauséabonds de la campagne crispent encore son visage. Dans le domaine de la lecture du langage corporel, Joseph Messinger a été l'un des premiers à s'intéresser à ce code social si courant. Selon l'auteur de La grammaire des gestes, une personne qui s’apprête à serrer la main et dont le bras reste en angle droit, collé contre ses côtes, n’a rien à offrir. La règle universelle du degré de spontanéité lisible à l'amplitude d'un geste est ici parfaitement illustrée. L'image se passe de commentaire quant à l'envie du perdant de saluer le vainqueur. Le même cliché pour illustrer une rencontre entre deux négociateurs, en dirait long sur le rapport de force qui s'établirait entre eux. Mais là, il serait à l'avantage de celui qui garde la main près du corps. Autre contexte, autre sens. Au fil des JT, il est tout à fait possible de poursuivre cette lecture non verbale des poignées de main. Un dirigeant tient en même temps le coude de son homologue ? Celui qui initie ce double contact cherchera à influencer, voire à manipuler dès qu’il le pourra. Il prend la main de son hôte entre les siennes ? Acte faussement amical, ce geste n’est qu’illusion. Enfin, vous remarquez qu'un président serre la main droite de son visiteur en posant sa main gauche sur son épaule droite ? Derrière le symbole d'estime ce profile un marquage de dominant. L'autre dirigeant est vécu comme un inférieur qui doit le respect.

Tag(s) : #Communication non verbale, #Décryptage

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