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A trop fréquenter les membres du corps préfectoral lors de mes formations, j'en suis arrivé à adopter leur fonctionnement. Je pense à ce fameux "devoir de réserve" auxquels sont astreints les représentants de l'Etat en période électorale. En médiatrainer soucieux de ne pas intervenir sur le fond, je m'étais dit que je ne parlerai pas de politique durant cette campagne. Promesse que je tiens à honorer, mais qui ne m'empêche pas de relever les talents de communic'acteurs des principaux candidats à l'Elysée. Et puisque nous fêtions il y a peu la journée des femmes, c'est par l'une d'entre elles que je commencerai cette série de décryptages. Si pour Aristote l'homme est un animal politique, Marine Le Pen fait assurément figure de lionne dans l'arène des présidentielles. Prenons par exemple l'émission "Parole de candidat" du 5 mars. Là où plusieurs hommes se raccrochent à leur pupitre lors des questions pièges des journalistes, la présidente du FN ose s'en affranchir (00:12) pour "aller plaider sa cause" directement face aux jurés. Euh, pardon, je voulais dire "face au public". C'est vrai qu'avec ses regards sur l'auditoire, ses silences, sa gestuelle large, la richesse de son intonation, c'est tout le savoir-faire de l'avocate au prétoire qui se manifeste. Sauf qu'ici, la situation s'apparente à une prise de parole en milieu hostile. Il n'y a qu'à observer l'expression de mépris qui se dessine sur le visage de  Michel Field (00:52) pour s'en convaincre. Chapeau donc à l'artiste qui, et c'est de bonne guerre, se défend par l'attaque. Avant de complimenter son contradicteur sur ses qualités de fin lettré afin de mieux le museler (et non pas Muselier). Hélas pour la fille de Jean-Marie Le Pen, le journaliste qui l'interroge est agrégé de philosophie. Son égo ne se contente pas d'un compliment. La recherche du  bon mot lui apporte plus de satisfactions.  Avec "La prochaine fois, vérifiez avec qui vous danser la valse Marine Le Pen", l'animateur du 18h-20h de LCI décoche une banderille dont il tire d'avantage de plaisir (03:39). Mais elle est très vite cassée, comme il fallait si attendre, par un : "Vous racontez n'importe quoi", asséné deux fois et, hélas, repris par l'interviewer. En fait, le plan large à 04:08 l'illustre, Marine Le Pen est bien la fille d'un menhir. Sa verticalité en témoigne. Superbement campée au sol (et pas cambrée :-), de 04:14 à 04:19 la candidate FN est un modèle d'ancrage souple. Sa jambe gauche est en appui sans être raide, ce qui lui permet d'être prompte à rebondir. Mentalement s'entend. D'où la suite de sa réplique qui jouera avec confort l'effet de liste, pour mieux grossir le trait de la persécution. Le public étant pris à témoin (05:15) de sa démonstration dialectique. Et la députée européenne d'avoir le mot de la fin, en rappelant que le sulfureux président du FPO autrichien "a été reçu il y a peu de temps en Israël".


Clash entre Marine Le Pen et Michel Field sur TF1 par puremedias

Tag(s) : #Décryptage

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